Alternative Nouvelle au Capitalisme ?

Nelson Mandela

Je ne perds jamais. Soit je gagne, soit j’apprends.

Le score du RN aux élections européennes qui viennent de se dérouler n’est malheureusement pas une surprise. Il est à la hauteur de celui que la formation raciste et libérale avait obtenu lors du dernier scrutin similaire et ceci bien qu’elle ait absorbé la partie la plus réactionnaire des Républicains.

La relative bonne nouvelle, c’est que le parti de Macron n’ait pu se hisser à la première place et asseoir sa légitimité à continuer à détruire les droits sociaux acquis par notre peuple. En ayant ratissé l’ensemble des libéraux, de l’ancienne UMP à l’aile droitière du PS, il ne parvient qu’à talonner le RN alors que son objectif affiché et claironné était de devenir le « premier parti » de France. C’est donc pour celui-ci un échec patent.

Que dans le contexte de division des gauches qui était celui de cette élection EELV tire son épingle du jeu n’est pas étonnant. Dans un climat de grande inquiétude face à l’aggravation du dérèglement climatique, de la pollution de notre planète et en l’absence d’une dynamique de rassemblement sur un projet cohérent et écologique d’alternative au capitalisme et à ses ravages, voter vert c’est se donner bonne conscience à peu de frais. Un peu comme trier ses poubelles en continuant à acheter tous les ans des tonnes de produits sous emballages plastiques…

Pour ce qui est de la gauche de transformation elle ne pourra, quant à elle, exister et gagner que si elle parvient à se cristalliser en pôle de rassemblement. Peu importe l’étiquette qu’elle arborera, si une sortie du capitalisme est en ligne de mire et qu’une dynamique émerge dans ce sens, elle rassemblera. Elle rassemblera non sur son nom mais sur sa visée, c’est ce qu’ont perdu de vue une FI grisée par sa percée de l’année dernière et un PCF englué dans sa logique de survie de l’appareil.

Cela ne pourra se faire non pas autour d’une FI ou d’un PCF qui auraient réussi se poser en pôles d’attractions mais à la condition qu’émerge une force structurée unitaire anticapitaliste qui :

  • permette la libre expression des composantes et des individus la constituant ;
  • garantisse en son sein un débat et des prises de décisions démocratiques qui engagent ses acteurs et structurent ses actions.

Pour abattre l’apartheid, dans un contexte de répression féroce et d’oppression totale, les sud-africains ont su construire une telle force, l’ANC dont étaient parties prenantes le SACP et la SWAPO avec d’autres organisations.

C’est dans cette voie que nous devons chercher à construire et à inventer l’organisation qui permettra à notre peuple de sortir de l’ornière capitaliste dans laquelle est en train de se noyer l’humanité toute entière.

De l’union et des communistes…

Union !

La question de l’union avec le Parti Socialiste pour les municipales est au centre du débat dans le Parti et semble polariser les clivages internes : Face à une direction nationale dont le but affiché est de parvenir à un accord global avec le PS pour « préserver » un maximum de mairies à direction communiste, la fronde gronde dans les rangs et de plus en plus nombreux sont ceux qui dénoncent cette stratégie d’alliance, qualifiée d’opportuniste et mortifère pour le Parti.

La dérive libérale du PS est assumée par sa direction qui ne cache plus son adhésion aux dogmes du capitalisme et ne fait plus d’un changement de société son objectif politique. Si cela est assumé de manière claire aujourd’hui ça n’est pas un fait nouveau et l’évolution du SPD allemand ou du New Labour anglais peut nous amener à considérer comme illusoires les vélleités des militants de l’aile gauche du PS qui, derrière Mélanchon ou Emmanuelli, espèrent en interne modifier le cap du navire social-démocrate. Le Parti Socialiste a toujours été et restera toujours, à mon sens et en dépit de son nom, une formidable machine à neutraliser toute tentative de changement de fond de notre société vers une société socialiste.

Si le clivage gauche-droite a un sens dans notre pays, il doit se situer entre ceux qui ambitionnent de renverser l’ordre capitaliste des choses et ceux qui s’en accommodent avec plus ou moins de zèle pour défendre les intérêts de la grande bourgeoisie. En ce sens le Parti Socialiste est un parti de droite mais dont une grande partie des militants et la majorité des électeurs sont des gens de gauche.

En signant un accord national avec le PS la direction du parti envoie un signe qui se veut fort à l’ensemble de l’électorat populaire, mais qui a toute les chances de n’avoir d’autre retentissement que l’explosion d’un pétard sous une cloche à vide. Signe d’autant plus incompréhensible qu’en appelant ses parlementaires à voter le 4 février en faveur de la révision constitutionnelle demandée par Sarkozy, la direction socialiste a pris le choix de soutenir activement le coup d’état institutionnel qui se prépare et dont toutes les répercussions pour l’avenir de notre « démocratie » n’ont pas été, j’en ai peur, mesurées.

Dès lors que traduit ce signe pour les militants « de base » que nous sommes, engagés dans le Parti Communiste pour de multiples raisons mais avec au coeur l’aspiration profonde que le mode d’exploitation capitaliste est au mieux un véritable gachis, au pire un système criminel de spoliation sociale s’appuyant sur un saccage sans mesure de vies et la guerre permanente pour maintenir la domination d’une petite caste sur la société ?

Ce qu’à mon sens il traduit d’abord et avant tout c’est que la direction n’a d’autre visée politique qu’électoraliste. Ce qui veut dire, dès lors que le système politique de notre pays n’a d’autre but que de perpétuer la domination de la bourgeoisie sur nos institutions et que nous parlons bien là de notre parti, le Parti Communiste, que la direction n’a pas de visée politique. Ou tout au moins pas de visée politique avouée.

Comme aucun communiste ne peut sérieusement croire qu’à ce niveau de responsabilité nous ayons placé (ou laissé placer) des irresponsables, chacun y va de son analyse sur le sens de la « gouvernance » du parti et le but poursuivi par une direction dont les préoccupations semblent de plus en plus coupées de celles de la base du parti. Et là se situe de mon point de vue de militant de base lambda, porteur de l’histoire de mon parti et ferment de son avenir, sa plus grave défaillance. En effet dans ce débat dans lequel les enjeux réels ne sont jamais posés de manière claire sur la table, les forces centrifuges internes au parti prennent une force qui croît avec le temps, ejectant un à un les militants et menaçant à (court ?) terme le parti d’explosion.

Pendant ce temps ce qui devrait être le travail de fond du parti dans la société n’est plus effectué, à savoir : La formation théorique des militants sur l’économie politique, l’histoire du mouvement ouvrier et l’analyse des contradictions du capitalisme réel ; La mise en culture d’un communisme vivant ayant comme objectif sa visée historique et sa diffusion dans les pores de la société ; La définition d’objectifs de lutte agissant sur la politique concrète de notre pays et les moyens à mettre en oeuvre pour y aboutir… Pour faire bref la construction permanente d’un Parti Communiste en prise directe avec les enjeux et le peuple de son temps.

C’est à ce niveau là et rien de moins que se situe l’enjeu du prochain congrès prévu à la fin 2008 :

Engageons ce travail de fond de redressement d’un idéal et d’une action communiste décomplexée, assumant son histoire et sa visée historique et osons nous projeter dans l’avenir pour redevenir un élément moteur de la transformation et ne plus nous contenter d’être une simple force d’inertie à la remorque du mouvement social. La lutte victorieuse lors du référendum de 2005 nous a montré l’étendu des possibles. Si nous parvenons à redevenir nous-même, la question des alliances électorales ne sera plus jamais une question centrale et se résoudra d’elle même.

Dès aujourd’hui c’est de la responsabilité de chaque communiste de prendre en main la destinée de son parti et pour en revenir aux municipales, ça ne peut-être qu’à chaque section de décider de sa stratégie locale en fonction des acteurs politiques locaux avec comme objectif de replacer la politique au coeur de l’enjeu électoral : En terme de programme électoral mais aussi et surtout en terme de volonté d’implication des citoyens dans la vie municipale pour faire de chaque commune gérée avec des communistes un relais des luttes et un obstacle qu’aura a rencontrer la bourgeoisie dans son entreprise de remodelage de la société.

Union de la gôche

Sego & DSK

Sacrée Ségolène,

Elle était ce mardi 13 novembre au matin invitée sur France Inter. Au milieu d’un concert d’accords avec la politique de Sarkozy, ne la critiquant que sur la méthode mais jamais sur le fond, elle est interrogée par un auditeur sur la position prise par la direction du Parti « Socialiste » sur la réforme constitutionnelle et permettant la ratification du mini traité. Elle la justifie par la nécessité de débloquer la construction européenne suite à son avalisation par les autres nations à Lisbonne alors qu’elle avait promis un référendum lors de la campagne électorale. Et ce, malgré que le Parti « Socialiste » puisse par un vote « contre » à l’assemblée bloquer le processus sarkozien…

Ségolène en ayant été battue a la présidentielle fait plus fort que tous les candidats heureux : elle n’a même pas besoin d’etre élue pour ne pas tenir ses promesses !!!!

Ceci éclaire peut-être pourquoi il n’y avait pas de socialistes à s’être rendus vendredi dernier dans la salle Joséphine Baker de l’ancien hôpital à l’invitation du Parti Communiste qui entendait par là initier une démarche publique de rassemblement à même de constituer une liste pour les municipales et susceptible d’enlever la mairie au hobereau Peretti, digne représentant de l’UMP et paraît-il ami de Sarkozy.

L’enjeu pouvait pourtant paraître important après 18 années d’une gestion de la ville par les représentants de sa bourgeoisie et alors que, face à l’entreprise de démolition du modèle social français issu des luttes de la Résistance, les élections de mars auront valeur de premier grand test électoral mais aussi pourraient permettre de mener la bataille politique pour mettre en place un maximum de municipalités progressistes. Celles-ci seraient autant de pôles de résistance à la politique de casse menée par le capital et ses valets comme autant de points d’appui pour mener la contre-offensive face à une droite et ses satellites dont les idées semblent devoir régner sans partage sur l’ensemble de la société française.

Mais de cela le Parti « Socialiste » semble se moquer, uniquement préoccupé paraît-il d’obtenir des autres forces de gauche un marchepied pour tenter de placer à la mairie de Sarlat son conseiller général.

Et dans la gauche vue par le Parti « Socialiste » que doit-on y mettre ? Le Parti Communiste à Sarlat et la droite catholique du Modem à Pau ?…

Nous y sommes…

Thanks ImageShack!

Depuis le 6 mai les jeux sont faits. La bande à Sarko tient bien fermement en main les leviers du pouvoir et avec eux les clés du coffre. On a tout à redouter de la toile d’araignée que sa clique est en train de tisser sur les institutions et du marché que le nouveau président semble avoir passé avec la grande bourgeoisie : Je fais sauter tous les verrous qui vous empêchent de mener librement vos affaires à votre seule guise et en contrepartie je me sers comme je veux dans la caisse de la nation. Ne nous y trompons pas, c’est une république bananière qu’il y a au bout des transformations annoncées par Sarkozy au cours de sa campagne électorale. Remarque, il faut croire qu’il aurait tort de se gêner…

On ne pouvait imaginer plus navrante et plus significative déclaration que celle dont nous a gratifié madame Royal le soir du second tour. Tout sourire elle reconnaît sa défaite toute à sa joie d’avoir joué là le rôle de sa vie. Sans aucun mot ni aucune pensée pour les victimes présentes et futures de la casse libérale qu’elle a accompagné en son temps et avec ses amis, elle souhaite bonne réussite à Sarkozy dans sa politique de casse et de pillage. Et pour couronner le tout elle donne rendez-vous à ses électeurs pour d’autres “victoires”. C’est lamentable ! C’est devenu ça la gauche dans notre pays ?

Alors que la bourgeoisie exulte dans les rues des beaux quartiers, elle ne voit que la position qu’elle pense avoir acquise dans son parti. Elle éclaire ainsi crûment ce qu’est devenu le PS : une machine à porter des ambitions personnelles aux postes de pouvoir sans aucune velléité de le disputer à la bourgeoisie. A supposer que ce parti ai été un jour autre chose.

Et pourtant elle n’avait vraiment pas de quoi afficher son grand sourire. Candidate du PS choisie par les grands médias à la botte de Sarkozy, elle a été désignée par un PS vide de tout projet alternatif et uniquement préoccupé de désigner le candidat le mieux à même, selon les sondages, de battre celui de l’UMP. Personne ne m’ôtera de l’idée qu’il est tombé dans un piège grossier tendu pour lui imposer la candidate incapable de le mettre en difficulté par le héraut de toutes les droites rassemblées en un melting-pot nauséabond.

Et pendant ce temps après une déclaration lourde de menaces pour les libertés individuelles et collectives au cours de laquelle il parle de réhabiliter le travail, l’autorité, le mérite, la nation et l’identité nationale, avant même d’aller saluer ses partisans rassemblés place de la concorde, Sarkozy partait avec sa clique fêter sa victoire au Fouquet’s. C’est qu’il a de quoi jubiler le loustic, il vient de réussir un coup de maître : candidat sortant d’une droite décriée et deux fois sanctionnée dans les urnes il vient de réussir pour le compte de la haute bourgeoisie un hold-up de grande classe sur les élections clés de la république.

Depuis 10 jours le sinistre personnage est fermement calé dans son fauteuil présidentiel et l’opération de brouillage de cartes continue, avec la complicité active de métastases issues du parti socialiste. Nous sommes bien devant la porte de tous les dangers, et il y a tout à craindre de l’assemblée qui sortira des urnes au mois de juin.

Plus que le nombre de députés communistes qui hanteront les bancs d’une assemblée à la botte, c’est d’un parti communiste rassemblé autour d’une politique claire de combat du capitalisme dans ses excés, mais aussi dans ses racines dont nous auront besoin dans les 5 ans qui viennent.

Si l’enjeu des législatives est crucial, la sauvegarde d’un groupe communiste à l’assemblée ne saurait être le seul horizon politique du parti. L’enjeu se situe au-delà, dans les résistances qu’il faudra savoir cristalliser au saccage des richesses nationales que la clique de l’UMP et du Medef entend porter à un niveau inégalé depuis la fuite du régime de Vichy dans les valises de l’armée nazie.

Une seule raison…

Crabe

Parce que je préfère les avoir contre moi qu’avec moi, je vais voter sans états d’âme et sans illusion pour Ségolène Royal dimanche.

On me dit que si Sarkozy passe des menaces énormes vont peser sur nos libertés publiques. Mais je ne me fait aucune illusion sur la politique que mettrait en oeuvre le PS si il était élu. Débarrassé de son encombrant allié communiste et fort du prétexte que représenterait l’apport des électeurs de Bayrou dans l’élection de sa présidente, il s’allierait aussi tôt avec les centristes de ce dernier en vu de poursuivre une politique libérale au service de la grande bourgeoisie. En continuant à désespérer les couches populaires, ils ouvriraient la porte à une droite dure encore plus violente que celle qui s’apprête à prendre les rênes du pouvoir.

La seule raison valable qui me fera voter Ségolène Royal dimanche c’est d’imaginer quelle hypothèque représenterait pour la construction d’un mouvement populaire un PS revenant dans l’opposition chargé du prestige d’avoir fait trembler Nicolas Sarkozy sur ses bases ? Quel danger représenterait à gauche un PS remobilisé et renforcé de forces militantes nouvelles et fraîches, gauchisant son discours pour mieux ensuite ramener les voix des électeurs de gauche dans sa nasse ?

Il ne fait aucun doute que nous entrons dans une ère politique nouvelle qui demandera de repenser et reconstruire un rassemblement populaire fort. Après le rejet de l’Europe libérale et les luttes de la jeunesse contre le CPE, je préfère 1000 fois voir les dirigeants socialistes au pouvoir à gérer le libéralisme avec leurs camarades centristes mis face à leurs responsabilités que devoir composer avec leur lent travail de sape et de récupération.