Chant du sidérurgiste antédiluvien

Je suis de cet acier dont nous forgions nos lances

Nos hauts-fourneaux étaient de terre réfractaire

Nous y coulions le fer dans des moules sommaires

Et c’était à la forge et c’était au marteau

Que du fer à nos rêves et la cendre mêlée

Nous inventions l’acier dont nous forgions nos lances

En regardant le ciel

Incroyable image de matière crée par les premières générations d’étoiles et dont la lumière nous parvient enfin après un périple de plusieurs milliards d’années.

Cela relativise un peu nos problème et me donne une terrible envie de me poser sur une dune à coté d’une amie et, dans la douceur d’une nuit tiède sous la caresse d’un vent doux, de simplement nous égarer à contempler le ciel en prenant plaisir à discuter tendrement et en toute sérénité de choses qui n’auront, au final, aucune importance.

Seul compterait en fait le plaisir d’être là ensemble, de se sentir peut-être un peu perdus dans un monde bien trop vaste et bien trop beau pour de si petites personnes…

Il serait alors temps, sûrement, de faire l’amour sous le sourire silencieux et complice des étoiles…

Echange


C’est pas forcement évident d’aimer…
D’aimer ce trajet….
Ce pilote qui navigue dans le blizzard à la recherche de la chaleur et de la douceur de l’amour…
C’est pas forcement évident de reconsidérer sa façon d’aimer…
De redonner chance à la vie, de redonner chance à l’envie…
Peut-être que c’est pas si compliqué au fond…
Il suffit d’en parler….
Et puis moi j’aime les trajets qui nous donnent le temps de réflechir…
De faire le point…
Comme si physiquement on se déplace et intellectuellement aussi…
On parcourt parfois de longues distances dans nos âmes………….

Fabien Volta

Merci pour ce post plein de richesse et de sensibilité, Fabien.

Il me donne envie de rebondir dessus et de laisser les mots s’envoler et remplir cet espace traversé hier comme une épreuve et déchiré d’un trait d’espoir comme d’un coup d’épée.

Cette route à travers Lorraine et Champagne aux innombrables cimetières de croix blanches sous un soleil de février constellé de givre était comme une régénérescence à la vie et à l’amour qui ne peuvent être riches que dans leur complexité…

Montait alors en moi une irrépressible envie de pouvoir hurler ce bonheur et cette douleur intimement mélés en un sentiment d’une profondeur insondable et inouïe face au lent moutonnement des collines à perte d’infini et dont le mol balancement donnait l’impression de recouvrir d’un lourd manteau d’oubli je ne sais quelle gigantesque contrée mythique et belle d’un amour enseveli pour les siècles à venir…

Néphrétique’s blues

Ça n’est pas un espèce de regret ou de nostalgie qui m’amène ce matin à prendre le café dans le hall de la Gare du Nord dans laquelle une voix monocorde égrène, comme un clin d’œil au moment oú j’y pénètre, la longue liste des gares que le Thalys dessert jusqu’à Liège. Le fait qu’il poursuive son voyage jusqu’à Aachen ne revêt à mes yeux strictement aucune d’importance, Liège est un terminus qui se suffit amplement à lui-même…

La nuit dernière a commencé, je peux le dire ce matin avec le recul nécessaire, avenue Louis XIV à Lille à deux heures de l’après-midi. Le mal au dos qui m’a chassé de la capitale chtie s’est révélé, au fil des kilomètres parcourus dans une souffrance grandissante, être une crise de calculs rénaux qui, après une première halte à l’hôpital de Senlis et un passage éclair dans une tour dominant le canal de l’Ourcq oú se jouait une partie de fête cosmopolite et bruyante dans laquelle dominaient l’espagnol et l’italien, m’aura permis de trouver en le service des urgences de l’hôpital de la Riboisière une auberge pour la nuit.

La douleur enfin diluée dans les perfusions d’antalgiques j’ai pu trouver, à une heure avancée de la nuit qui n’aurait pas fait rougir un noctambule qui se respecte, un sommeil court et doublement réparateur car le calcul qui me bloquait le rein gauche en aura profité pour s’échapper par un uretère enfin décontracté. Je dois avouer humblement que rarement au cours des quelques quarante-trois ans précédent ce matin une envie d’uriner m’a apporté une telle satisfaction et c’est le rein léger et le cœur en fête que je me suis échappé ce matin de l’hôpital et que me voici en train d’achever au buffet de la Gare du Nord voisine un petit déjeuner qui vient clore, du moins je l’espère, l’épisode douloureux commencé dans une avenue de Lille…

Location:Rue La Fayette, Paris

Hiver…

Peu importe le sens dans lequel on le retourne, l’hiver est une saison vide, triste et dure pendant laquelle la nuit étend son emprise sur le temps ainsi que dans les cœurs qui battent au ralenti dans nos poitrines et attendent le printemps.

Les matins de cristal inondés de couleurs dans l’air aussi tranchant que le fil d’un rasoir sous un soleil froid dont la caresse ne parvient qu’à grand peine à chasser la brume des vallées, jamais à effacer la griffure du vent du nord sur nos visages engourdis, ne sont qu’autant de leurres jetés à nos regards aveugles et fous.

Seule, peut-être, parvient à l’éclairer la douce chaleur d’un regard et d’une main amis, dans la beauté d’une étreinte partagée comme une revanche sur l’ombre qui, partout, étend son noir manteau sur ces paysages endormis, recroquevillés et soumis.

Alors de cette étreinte, de cette main qui s’attarde en un frisson et s’épanouit en une caresse pourra renaitre la promesse sans fin renouvelée d’une vie qui s’ouvre, fleurit et répand son parfum indicible et prégnant…