Cadeau de Noël ?

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L’hiver est arrivé brutalement à la date prévue le 21 décembre, comme figeant dans un écrin de glace la ville et les campagnes environnantes. Noël est arrivé, la place de la liberté et les rues du centre ville avaient samedi retrouvé leur affluence des grands jours malgré un froid vif et pénêtrant. C’est la trêve des confiseurs qui vient clore une semaine à l’issue de laquelle le grand rassemblement auquel travaillaient les forces anti-libérales se retrouve face à un avenir incertain.

La décision de présenter Marie-George Buffet prise par le parti vient bousculer le rassemblement et marque, quoiqu’on en pense, une rupture. Cependant, si on ne peut que regretter cette rupture unilatérale du processus de désignation du candidat, force est de constater que depuis le collectif national des 9 et 10 décembre celui-ci paraissait dans l’impasse. L’anathème et l’invective avaient remplacé le débat de fond sur les sites progressistes et rien de bien rassembleur ne paraissait pouvoir sortir rapidement de cela.

Pourtant l’enjeu est de taille. Face à la déferlante libérale qui s’annonce il s’agissait de permettre à notre peuple de se saisir d’un bulletin de vote et en faire une arme contre un avenir tout fait où il n’aurait eu le choix qu’entre un libéralisme de droite et un libéralisme de gauche. De lui donner l’occasion d’amorcer un processus politique permettant d’envisager la construction d’un autre choix de société pour plus de justice et de liberté, à l’image des expériences qui commencent à se mettre en place en Amérique Latine. Quel enjeu ! Et quel travail ! Nul doute que la route d’une telle construction soit un chemin ardu pavé d’embûches, la désignation d’un candidat pour les présidentielles en étant une de taille. Personne n’en doute, ainsi qu’en témoigne le rapport de Patrice Cohen-Seat au Conseil National des 28 et 29 septembre 2006 :

Il ne s’agit pas de se raconter d’histoires. Les difficultés sont grandes, à la mesure de l’enjeu : mettre en œuvre en France une politique antilibérale, c’est-à-dire engager, dans des conditions radicalement différente de celles du siècle dernier, une véritable rupture avec le capitalisme dans un des pays les plus puissants du monde. Mais je maintiens que le pire, encore une fois, serait de passer à côté d’une chance historique en sous-estimant le possible.

Quoi qu’il arrive, je ne crois pas qu’il y ait d’alternative à l’effort dans lequel nous sommes engagés. Personne ne peut prévoir si et dans quelle mesure notre peuple se saisira dès 2007 de l’enjeu historique d’une alternative antilibérale à gauche. Mais notre responsabilité est à coup sûr de créer les meilleures conditions pour qu’il en ait la possibilité. Elaborer un programme politique convaincant, rassembler pour le porter le plus grand nombre possible de femmes, d’hommes et de forces dans lequel il puisse se reconnaître et avoir confiance : il n’y a aucun « truc » qui puisse nous faire faire l’économie de ce travail de fond.

En présentant Marie-George comme candidate en passant outre la recherche d’un consensus, le parti fait un double pari : Que la démarche unitaire n’explose pas en vol, et que les collectifs locaux légitiment cette candidature, se l’approprient et s’engagent sans réserve dans une campagne politique afin de faire converger ce ras-le-bol qui monte dans le pays vers la candidature de Marie-George. C’est un pari qui me semble risqué et lourd de menaces pour l’avenir de la dynamique unitaire qui semblait avoir commencé à prendre dans le pays mais j’espère que c’est un pari que gagnera, avec Marie-George, le mouvement anti-libéral. Il y va des combats futurs que nous ne manquerons pas d’avoir à mener.

Sur ce : Joyeux Noël !!!!!


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