Sous le stylo…

Stylo...

Toute rhétorique est inutile, seule compte l’idée, et la pertinence de son vecteur, le mot. Tout apparat superflu ne peut conduire qu’à masquer l’idée, ou à la travestir.

L’écriture automatique, loin de tout exercice de style, est le moyen le plus sûr et le moins douloureux, voire le seul possible, d’introduire le scalpel de l’analyse au plus profond de l’être et d’en extraire l’essentiel, c’est-à-dire la vie dans toutes ses contradictions, et que nous appellerons poésie.

La poésie ainsi conçue se veut donc carrefour de trois concepts, forcément abstraits, la vie, l’idée, le mot, que nous mettrons sur le chemin d’autres être afin de les y rencontrer. C’est en effet par la lecture de l’autre que la poésie prend toute sa dimension, et de carrefour devient expérience partagée, devient apprentissage et ce non pas dans le sens, forcément réducteur, du maître à l’élève, mais dans un sens ambivalent, enclenchant un processus de feed-back.

Cette poésie, dégagée du filtre de l’intelligence, n’a pas pour vocation de transmettre un message, un discours, mais va servir à véhiculer de l’expérience, laquelle peut à son tour être reçue sans passer non plus ledit dit filtre de l’intelligence. En ce sens cette poésie se veut d’une limpidité de source, dégagée de toute clef nécessaire à sa compréhension autre que l’envie d’une rencontre d’un autre qui s’exhibe, afin d’en enrichir sa propre expérience.

( Quel embompoint résiste aux vers ? – Avant-propos – 1995 )

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