Envie de noir…

Chaque fois que j’écoute Noir Désir, les images se bousculent dans ma mémoire et, comme on rembobinait une cassette, le temps semble se mettre à reculer à toute vitesse jusqu’à ce printemps 1988 où je m’enfuyais dans les Gorges du Verdon en compagnie d’un ami, fuyant les turbulences consécutives au naufrage de mon premier véritable amour.

J’espérais trouver dans le Grand Canyon un vide réconfortant, comme un écho et un baume à cette douleur sauvage qui n’en finissait pas de me nouer les tripes…

Nous avions glissé une cassette que nous avait offert un camarade dans l’autoradio et comme dans un songe, la longue route dans la nuit nous parut défiler comme le décor d’un interminable clip dont la bande sonore n’était que la répétition sans fin du premier disque de Noir’Dez que le poste autoreverse déversait inlassablement…

Je ne suis pas retourné au Verdon depuis déjà 10 ans… Cela me manque, mais je porte encore en moi et depuis ces jours-là, ancré comme une tumeur maligne, le gout aigre-doux de cette désespérance qui battait alors, au rythme des battements de mon coeur, mes tempes et mes paupières, comme ce frisson de vie que porte le ressac à l’incessant déferlement de la vague….

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